Nous sommes en 2008 après Jésus-Christ ; toute la Terre est occupée par les droitiers... Toute ? Non, un petit groupe peuplé d'irréductibles gauchers résiste encore et toujours à la
majorité. Et la vie n'est pas facile pour ces garnisons de laevus a um et sinister a um.
Prenez le risque d'ouvrir un dictionnaire. Choisissons celui des synonymes. Rendez-vous à la lettre G, cherchez dans les lignes l'entrée "gauche". Lisez et soyez effrayé. Le gaucher
s'apparente au "maladroit", au "lourd" ou pire encore à la "gourde" ! Sortons de ce mot maudit par les dieux, et dirigeons-nous vers le début du dictionnaire, à la lettre D. Farfouillez au
travers des lignes et trouver le mot "droite". Soyez soulagés : la droite affiche sans modestie "juste", "honnête" et même "sain". Êtes-vous remis de vos émotions ? J'en suis heureuse.
Posons-nous la question, maintenant : pourquoi un tel mépris, une telle déconsidération pour les gauchers ? Pourtant les nombreux adeptes de notre clan n'ont plus à prouver l'excellence de leur
gaucherie : Jean-Sébastien Bach, Lewis Caroll, Léonard de Vinci, Nicole Kidman, Michel-Ange. En France, on ne contrarie presque plus les enfants gauchers... Zelda ne profitera pas de cette
réforme. Il subit les dures lois des "jolie main" en devenant miraculeusement droitier sur la console Wii !
Heureusement pour nous, gauchers purs et gauchers contrariés, Jean-Paul Dubois fait l'éloge de notre gaucherie.
Quatrième de couverture de l'édition Eyrolles Points :
Vous êtes gêné face à une paire de ciseaux, ravi de conduire en Angleterre, et pour vous les poignées, de porte ou de main, sont toujours du mauvais côté.
Bienvenue dans le monde des gauchers contrariés, tantôt vindicatifs, tantôt paralysés : un peuple entier sort de l'ombre sous la plume aiguisée de notre auteur, bien décidé à ne pas choisir entre
ses deux mains !
Illustration extraite du site www.eyrolles.com
"Exercices de style" ou comment raconter de 99 manières différentes la même histoire.
L'affaire est des plus simples : Un homme dans un bus pendant les heures de pointe, midi plus exactement. Pourvu d'un cou trop long et d'un étrange couvre-chef, notre homme est agacé par son
voisin. Persuadé que ce dernier lui marche volontairement sur les pieds dès qu'un passager monte ou descend du bus, il ne peut s'empêcher de le réprimander. Peu courageux, notre voyageur se
dirige rapidement vers une place libre. Deux heures plus tard, notre passager râleur est accompagné d'un ami qui lui conseille de mettre un bouton à son pardessus.
Sur la base de ce court épisode, les quatre-vingt-dix-neuf versions ne sont pas rébarbatives pour un sou. Chacune a son charme : l'une est philosophique, l'autre plus humoristique, une
touche de couleur pour la suivante, inattendue pour la dernière.
Les figures de rhétorique, menées et parodiées par Raymond Queneau !
Quatrième de couverture de l'édition Gallimard Folio :
Le narrateur rencontre, dans un autobus, un jeune homme au long cou, coiffe d'un chapeau orné d'une tresse au lieu de ruban. Le jeune homme échange quelques mots assez vifs avec un autre voyageur,
puis va s'asseoir à une place devenue libre. Un peu plus tard, le narrateur rencontre le même jeune homme en grande conversation avec un ami qui lui conseille de faire remonter le bouton supérieur
de son pardessus. Cette brève histoire est racontée quatre-vingt-dix-neuf fois, de quatre-vingt-dix-neuf manières différentes. Mise en images, portée sur la scène des cabarets, elle a connu une
fortune extraordinaire.
Exercices de style est une des livres les plus populaires de Queneau.
Illustration extraite du site www.priceminister.comLes futi_bug_fck
« Vous avez raté votre vie ? Avec nous, vous réussirez votre mort ! »
Depuis plusieurs années, Mishima et sa petite famille vendent tout le nécessaire et le superflu pour parfaire votre suicide. Pour tenir ce genre de boutique, il fallait les commerçants adéquats :
un père dépressif, une mère acariâtre, un fils aîné anorexique, une fille complexée... Seul le petit dernier dérange dans ce tableau macabre : Alan sourit, Alan chante, Alan est un éternel
optimiste. Ce petit bout de bonheur va transformer, à lui tout seul, l'existence de sa famille Addams.
« Le magasin des suicides » est un petit concentré d'humour et d'optimisme, qui couvre tous les tabous sur la mort. A lire volontiers d'une traite.
Quatrième de couverture de l'édition France Loisirs :
Imaginez un magasin où l'on vend depuis dix générations tous les ingrédients possibles pour se suicides. Cette petite entreprise familiale prospère dans la tristesse et l'humeur sombre jusqu'au
jour abominable où surgit un adversaire impitoyable : la joie de vivre, en la personne du petit dernier, Alan...
Illustration extraite du site www.franceloisirs.com

« - Bon, alors ça sera quoi, hein ? »
Londres. Quartier grassou où les malchickicaïds font la loi. Alex et ses drougs tolchockent les babouckas, crastent le viokcho veck du coin et font des parties de dedans-dehors avec les
dévotchkas pouglées. Un roman tzarrible, où s'entrechoquent des scènes vraiment stracks, où les critches des victimes s'associent à la neuvième symphonie de Beethoven. Eliminer la violence du
gulliver de ce nadsat d'Alex, prestoupnick et pervers : voilà le projet Ludovico. Un souci : on en fait quoi du libre-arbitre ?
« Que veut Dieu ? Le Bien ? Ou que l'on choisisse le Bien ? L'homme qui choisit le Mal est-il peut-être, en un sens, meilleur que
celui à qui on impose le Bien ? »
Quatrième de couverture de l'édition Pocket :
Le décor inquiétant de cette fable anti-utopique, nous le connaissons bien : c'est celui de la banlieue concentrationnaire qui va recouvrir peu à peu la surface habitable de la planète. Une
immense zone urbaine d'ennui, de désolation et de peur.
Sur ce monde déshumanisé et ses habitant asservis, Alex, le voyou au charme pervers féru de musique classique et de langues anciennes, entend régner par la violence et la terreur. A la tête de la
horde adolescente, il matraque, viole, brûle, torture, et s'acharne à détruire une société programmée pour le bonheur et le progrès.
Archange du mal à l'état pur, il hante à jamais les pages cruelles de cet inoubliable thriller métaphysique.
Illustration extraite du site www.priceminister.com
"It's time to kick ass and chew bubblegum! And I'm all out of gum…"
"Il est temps de botter des culs et de mâcher du chewing gum ! Et je suis à court de chewing gum…"
Citation extraite du jeu "Duke Nukem 3D"